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ANGERS : MOULIN OU L'ÉLOGE DE LA STABILITÉ

Publié le 05/08/2018 à 21:28

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Entraîneur d'Angers SCO depuis sept ans, Stéphane Moulin est l'entraîneur en poste depuis le plus longtemps dans les cinq grands championnats européens.

Recordman de longévité pour un entraîneur des cinq grands championnats européens depuis le départ d'Arsène Wenger d'Arsenal, fin mai, après 22 années à la tête des Gunners, Stéphane Moulin va vivre sa huitième saison sur le banc noir et blanc d'Angers SCO.
Le technicien, âgé de 50 ans, avait été intronisé à la tête du SCO le 22 juin 2011, et il devance d'une courte tête Diego Simeone, l'entraîneur de l'Atlético de Madrid, en place depuis décembre 2011. Anecdotique ? Pas seulement, au sein d'une Ligue 1 Conforama que vont découvrir ses confrères du SM Caen, de l'OGC Nice, du Nîmes Olympique et du Stade de Reims, auxquels on peut rajouter Thomas Tuchel du Paris SG et Miguel Cardoso à Nantes, qui ont déjà exercé ces responsabilités au plus haut niveau mais pas en France.
Ce signe de confiance symbolise bien l'esprit de stabilité instillé par la direction angevine depuis la reprise du club par le président Saïd Chabane, en 2011. Pas d'affolements, pas d'atermoiements non plus : on ne touche pas au staff composé par Moulin, peu importe comment varie la courbe des résultats. L'adjoint Serge Le Dizet, par exemple, est lui aussi présent depuis la prise de fonction de son numéro 1.
Le meilleur gage de ce contrat de confiance est survenu au cours de la saison passée, lorsque le SCO naviguait à une dangereuse dix-neuvième place, fin février. Plutôt que de se servir du coach comme fusible comme cela peut parfois être le cas ailleurs, le club de l'Anjou a fait prolonger Moulin et son staff jusqu'en 2020.
« PAS BESOIN DE MERCENAIRES »
« Ça a été un grand moment », a admis l'entraîneur au début du mois de juillet, « lorsque le SCO était en stage aux Sables-d'Olonne. Ça a fait parler du club en bien et c'était super important pour moi. »
Les résultats ont suivi puisque Angers s'est maintenu sans craintes, en finissant à une honorable quatorzième place.
« Ce sont les hommes qui font notre projet », a justifié au même moment Saïd Chabane. « On n'est pas là pour essayer de dire qu'on a le coach le plus ancien, mais on est un club en construction, des gens ont évolué avec ce club. On n'a pas besoin de mercenaires. »
Cette mer d'huile facilite le travail d'Olivier Pickeu, membre du club depuis... douze ans. Lorsque le manager général doit convaincre un joueur de signer, l'image que peut renvoyer le SCO fait souvent florès.
C'est en substance ce qu'ont affirmé les recrues lors de leur arrivée. Pour Vincent Pajot (AS Saint-Étienne), « la vision de l'extérieur est bonne », pour Stéphane Bahoken (RC Strasbourg Alsace), « le discours du coach ne fait pas hésiter », pour Dorian Bertrand (SO Cholet), « le projet paraît convaincant » et pour Harrison Manzala (Amiens SC), « l'environnement est sain. »
Des propos qu'on pourrait volontiers croire policés, presque un peu trop télécommandés, tant ils ressemblent à des éléments de langage communicationnels bien assimilés. Mais si on finit par leur accorder une certaine crédibilité, ce n'est pas juste à force de les entendre répétés, c'est surtout parce qu'Angers le démontre année après année.