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MONTPELLIER : LE TALLEC, A L'EST LE RENOUVEAU

Publié le 20/02/2019 à 09:26

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Avant le match face au PSG (17e journée de Ligue 1 Conforama), retour sur l'étonnant parcours de Damien Le Tallec, arrivé l'été dernier au Montpellier Hérault SC et devenu un rouage important de son équipe.

De Dortmund à l'Etoile Rouge Belgrade, en passant par l'Ukraine à l'aube de la guerre civile, et la Russie, le milieu du Montpellier HSC Damien Le Tallec s'est expatrié pendant neuf saisons toujours plus à l'Est avant de découvrir la Ligue 1 Conforama à 28 ans, comme on touche un rêve perdu.
 
Frère cadet du footballeur Anthony Le Tallec (US Orléans), Damien s'est construit entre rêve de grandeur et peur du vide, loin du parcours tout tracé pour un jeune attaquant passé pro au Stade Rennais à l'âge de 17 ans. « Avec M'Vila ou Brahimi, on était les seuls joueurs en équipe de France jeunes à ne pas jouer chez les pros. Guy Lacombe, alors l'entraîneur, nous a dit : vous allez passer par l'escalier et non par l'escalator », rappelle-t-il.
 
Frustré, le jeune buteur, vainqueur de la Gambardella en 2008, s'exile à Dortmund, qui bouscule alors le Bayern Munich et la Bundesliga sous la main ferme et le dialogue ouvert de Jürgen Klopp. « C'est un entraîneur très sévère sur le terrain et très ouvert en dehors. C'était mon second père, il me parlait tous les jours, voulait tout savoir. C'est aussi un entraîneur très offensif. Mais si tu ne fais pas les efforts défensifs, tu ne joues pas. Tuchel, fils spirituel de Klopp, fait un peu la même chose ».
 
Le Tallec reste de 2009 à début 2012 dans le club de la Ruhr, où il est essentiellement confiné à l'équipe réserve. Après une dernière année blanche en Allemagne à cause d'une double opération d'une épaule, il préfère aller ailleurs, au FC Nantes.
 
 
« SEPT MOIS SANS SALAIRE »
 
Mais son passage à Nantes n'est qu'éphémère, et l'ex-international Espoirs, perdu de vue, file alors à Hoverla Oujhorod (2012-2014).
 
« C'est un des rares clubs qui me voulait. A Dortmund, j'avais tout, je débarque en Ukraine où il n'y avait même pas un terrain d'entraînement. Mon agent ne voulait pas que je signe. Soit je restais, soit j'arrêtais », raconte t-il. Le calvaire n'est pas seulement sportif. « Quand la guerre civile éclate, le président a eu des problèmes. J'ai joué durant sept mois sans toucher de salaire. Mais, j'avais pour but de m'en sortir », se souvient-il.
 
Damien Le Tallec s'accroche au jeu, et franchit une première frontière de la reconstruction en signant au Mordovia Saransk, en Russie (2014-2016). Il revient dans l'univers « pro ».
 
Après deux ans dans ce modeste club russe, il sort enfin de l'ombre avec un transfert à l'Etoile Rouge Belgrade (2016-2018). « Je signe là-bas pour que les gens me voient jouer à nouveau. En Russie, pays fermé, je n'ai vu personne. L'Etoile est un club exceptionnel, avec un environnement digne de Marseille ».
 
Entre une opportunité du Lokomotiv Moscou et une autre du Montpellier Hérault SC, il rentre enfin au pays pour relever le défi de la Ligue 1 Conforama. « Ma priorité n'était pas de revenir en France, où on ne m'a pas donné ma chance. Seulement, je voulais savoir si je pouvais jouer en Ligue 1 Conforama », dit-il.
 
Remplaçant lors des cinq premières journées, il doute. Il entre en jeu dès la 5e minute face au Racing Strasbourg Alsace, marque son premier but, et se fait une place au milieu aux dépens de Paul Lasne. Au Montpellier Hérault SC, en Ligue 1 Conforama. Enfin.
 
« Le premier but, c'était fort. Quand tu es gamin, tu en rêves. Je prends un plaisir énorme à Montpellier et en L1 Conforama. On m'a donné un chemin, je l'ai fait », confie t-il avant le rendez-vous mercredi au Parc contre le PSG, en match en retard de la 17e journée.