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UN MERCATO SANS FRONTIÈRES !

Publié le 08/08/2019 à 14:51

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Le recrutement des clubs de Ligue 1 Conforama lors du mercato d’été permet de découvrir des joueurs venus d’horizons lointains.

La Ligue 1 Conforama a pour habitude de recruter à l’international. Les Japonais Sakai (OM) et Shoji (Toulouse FC) et les Coréens Kwon (Dijon FCO) et Suk (Stade de Reims) ou encore le Kosovar Zeneli (Stade de Reims) et l’Iranien Ghoddos (Amiens SC) sont quelques exemples du virage pris par le championnat de France lors de ces dernières saisons.
 
Ce mercato d’été 2019, qui se bouclera le 2 septembre prochain, est l’occasion de voir arriver de nouveaux joueurs de provenances exotiques. Ainsi, la Ligue 1 Conforama va apprendre à découvrir les Hwang, Koulouris, Stojanovski, Show et autre Munetsi : soit autant de joueurs qui vont soit découvrir l’Europe, soit qui arrivent de pays qui ont été rarement représentés en Ligue 1 Conforama.
 
MUNETSI, LE WARRIOR DE REIMS
 
Attiré par les joueurs étrangers en devenir (Suk, Zeneli, Doumbia, Engels…), le Stade de Reims a renouvelé l’expérience cet été après les réussites passées, en recrutant le Zimbabwéen Marshall Munetsi (22 ans), qui vient de participer à la CAN 2019 avec les « Warriors » (3 matchs, 1 titularisation). « Je devais partir en équipe nationale et on m'a appelé pour me dire que plusieurs clubs européens étaient intéressés. À Reims, dès que j'ai rencontré les dirigeants et visité les installations je n'ai pas hésité très longtemps », confiait le joueur à son arrivée en Champagne. Ce milieu défensif (1,87m et 83 kg), capable également de reculer d’un cran (« Marshall est doté d'une grande polyvalence puisqu'il peut évoluer à différents postes dans l'axe du milieu de terrain », selon la direction du SdR), physique et à l’aise ballon aux pieds, a quitté le continent africain pour la première fois et le championnat d’Afrique du Sud (Orlando Pirates).
 
C’est donc à Reims que cet espoir va découvrir l’Europe et tenter de marcher sur les pas de ses compatriotes Harlington Shereni, passé en France dans les années 2000 à Istres, Guingamp, Nantes et Strasbourg, et Benjani Mwaruwari. Ce dernier avait brillé à la pointe de l’attaque de l’AJ Auxerre, où il est resté quatre ans.
 
« Il s'agit d'un joueur référencé en Afrique qui a gravi les échelons les uns après les autres et affiche un beau vécu à son âge avec des matchs de haut niveau en Ligue des Champions de la CAF. », confiait Mathieu Lacour, directeur général du club rémois. Pour favoriser son intégration, et preuve que le Stade de Reims s’internationalise, l’ancien de la maison – Miguel Commingues – a rejoint le staff comme coordinateur sportif avec un rôle de « facilitateur », notamment auprès des joueurs anglophones.
 
 
 
Les Rémois ont également attiré le portier serbe Predrag Rajkovic (23 ans), en provenance du Maccabi Tel-Aviv, où il vient d’être sacré champion en Israël après quatre saisons au club. Et ce, après déjà deux titres en Serbie avec l’Etoile Rouge de Belgrade (2014 et 2016). Gardien international de 1,92m, Rajkovic « vient découvrir un nouveau championnat, fort d’un vécu important pour son âge, a indiqué le dirigeant rémois à son arrivée le 22 juin dernier. À ce poste, où la maturité est souvent tardive, afficher près de 250 matchs à 23 ans dont 44 en Coupes d’Europe, témoigne du caractère plus que prometteur du joueur que nous venons de signer. » Preuve de sa précocité, le néo-Rémois avait été élu meilleur jeune athlète de Serbie en 2013.
 
Il devient ainsi le troisième champion du monde U20 serbe de 2015 à rejoindre la Ligue 1 Conforama, après Jovanovic et Galjic (depuis reparti au pays) à Bordeaux. Capitaine à l’époque du titre, Rajkovic avait même été sacré meilleur gardien de la compétition.
 
TOULOUSE CONFIRME SON GOÛT POUR L’INTERNATIONAL
 
Au Toulouse FC aussi, l’étranger séduit. Et ce depuis longtemps, comme le rappelle le passage de l’ex-soviétique Khidiyatullin à une époque, où les frontières se franchissaient moins facilement… (1988). Mais plus récemment surtout, l’Anglo-trinidadien John Bostock, révélé à Lens, le Belge Aaron Leya Iseka, déjà vu à l’OM, et Stéphane Mbia, de retour de Chine, avaient fait partie du recrutement toulousain l’été dernier, avant que l’international japonais Gen Shoji ne rejoigne à son tour les Violets lors du dernier mercato hivernal.
 
Cet été, le TFC a misé sur deux noms encore inconnus en Ligue 1 Conforama : Agustin Rogel et Efthymios Koulouris. Ce dernier est un attaquant grec de 23 ans, international (9 sélections), qui vient de remporter le titre de meilleur buteur de Super League avec l’Atromitos (19 buts) ! « C'est un vrai pro, qui fait des sacrifices, expliquait le journaliste hellène George Karachalios dans le journal « La Dépêche ». Mais il est aussi conscient du fait qu'il n'a rien prouvé au plus haut niveau, et qu'il doit continuer à travailler. Percer en France sera un vrai test pour lui.» Avant d’ajouter, « Il marque comme il respire (…) même s’il n’est uniquement intéressé par marquer ».
 
« C'est un attaquant qu'on a suivi tout au long de la seconde partie de saison, il pèse énormément sur les défenses adverses, est très mobile, disponible dans le jeu, avec une qualité à la finition et un bon jeu de tête », dit de lui son nouveau coach Alain Casanova. L'intéressé se déclare comme « un attaquant qui marque des buts, j'aime être dans la surface, je veux vraiment marquer des buts pour aider l'équipe qui m'a donné la chance de venir en France et de porter ce maillot. » De quoi espérer pour le premier grec du club un avenir à la Elmander, arrivé de Brondby en 2006 et qui a ensuite marqué les mémoires des Violets.
 
 
 
Dans la foulée, le Téfécé a donc aussi recruté Agustin Rogel (1,90 m), déniché en Russie. Destiné à succéder à Christopher Jullien en défense, le nouveau n°18 des Violets évoluait à la frontière ukrainienne, à Sovetov. A 21 ans, l’Uruguayen a connu une belle carrière chez les espoirs, avec une demi-finale au Mondial U20 et un titre dans le championnat Sudamericano U20 ; le tout en 2017. Chez les Toulousains, Rogel retrouve son compatriote, Mauro Giochoechea, dans sa 5e saison au club.
 
L'HEURE DU « SHOW » AU LOSC
 
De son côté, le LOSC fait aussi partie des clubs « aventuriers ». Le Turc Celik et le Mozambicain Reinildo la saison passée, à un degré moindre José Fonte, rapatrié de Chine, et plus anciennement Vincent Enyeama, venu d’Israël (Hapoël tel-Aviv) après avoir notamment impressionné face à l’OL en Ligue des Champions (2010) et Lebo Mothiba, débarqué d’Afrique du Sud en septembre 2014.
 
 
 
Et donc grâce au club lillois, l’Angola sera représenté en Ligue 1 Conforama avec l’arrivée du milieu Manuel Luis Da Silva Cafumana (20 ans), en provenance de Luanda auteur du doublé Coupe-Championnat en 2019. International à douze reprises, celui qui est aussi appelé « Show » a participé à deux rencontres de la CAN le mois dernier. En Angola, il est même triple champion en titre avec son club formateur, où il s’est installé dans le onze-type à 18 ans. Marc Ingla, directeur général du LOSC, a indiqué que « Show » était « déjà très costaud au milieu de terrain, dans une position de récupérateur de ballons. Il est doté d’une bonne intelligence dans la passe ainsi que dans la rapidité d’exécution. » A Lille, il ne connaîtra pas véritablement la barrière de la langue pour son intégration, avec « plusieurs joueurs et membres du staff parlent portugais dans le vestiaire ».   
 
HWANG, UN BUTEUR VENU D'ASIE
 
Ensuite, un nouveau Sud-Coréen a pris le chemin de la Ligue 1 Conforama cet été : Hwang Ui-jo s’est engagé avec Bordeaux pour quatre saisons. International (27 sélections), cet avant-centre était dans le groupe de sa sélection lors de la Coupe du Monde 2018 et avait pris part au bon parcours coréen à la Coupe d’Asie en janvier dernier (quarts de finale, 2 buts). En arrivant en Gironde, Hwang (26 ans) met fin à deux saisons au Gamba Osaka (J1 League), où il termine 3emeilleur buteur en 2018 (16 buts) et remporte le trophée de meilleur joueur de l’année de la Fédération sud-coréenne. En France, il s'attend à tout autre chose : « Le championnat japonais est différent du championnat français. Les Japonais ont une bonne technique tandis que la Ligue 1 Conforama est également technique mais aussi très physique avec des transitions rapides entre les phases offensives et défensives », a constaté la recrue bordelaise lors de sa présentation, jeudi dernier.
 
 
 
LES CROCOS DES BALKANS
 
Enfin, dernier exemple de l’internationalisation de la Ligue 1 Conforama avec le Nîmes Olympique. Dans sa deuxième saison consécutive à cet échelon, le club gardois a été déniché deux offensifs en Macédoine et en D2 allemande ; à savoir Stojanovski et Duljevic. Des Crocos qui jusqu’ici n’avaient eu comme principale recrue exotique que l’international Espoirs grec, né en Allemagne, Panayotis Vlachodimos, arrivé en prêt de l’Olympiacos à l’hiver 2015.
 
Vlatko Stojanovski (22 ans), qui débarque avec le titre de meilleur buteur du championnat de Macédoine avec le FK Renova sur sa carte de visite, a été le premier des deux attaquants à signer à Nîmes début juillet. Trois semaines plus tard, le milieu offensif international bosnien (19 sélections), Haris Duljevic (25 ans), lui a emboîté le pas. Après deux saisons au Dynamo Dresde, le joueur des Balkans a déjà un peu goûté à la Ligue 1 Conforama lors d’un récent match amical face au Paris SG (1-1).