Mercato

Les jolis coups du mercato d’hiver

Publié le 27/01/2021 à 08:47 - LFP

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Arrivés en janvier en Ligue 1 Uber Eats, ils ont brillé par la suite avec leur club. Focus sur les belles affaires réalisées lors du mercato d’hiver.

Souvent considéré comme un marché d’ajustements, le mercato d’hiver peut également être l’occasion de réaliser de belles opérations à mi-saison. Belles trouvailles, paris gagnants, joueurs à relancer, retour sur les transferts hivernaux qui ont animé ces dernières années, alors que le mercato 2021 vient d'enregistrer les arrivées de Milik à l'OM et Diatta à Monaco, après celle de Slimani à l'OL.

Les stars arrivées en janvier

Lors des dernières saisons, l'arrivée de Cesc Fabregas à l’AS Monaco en provenance de Chelsea en janvier 2019 a fait grand bruit. Mais le champion du monde espagnol n’est pas la première star à rejoindre la Ligue 1 Uber Eats pendant un mercato hivernal. Sous l’ère QSI, le Paris Saint-Germain a réussi quelques belles prises en début d’année civile. La plus emblématique d’entre-elles est sans nulle doute l’arrivée de David Beckham durant l’hiver 2013. Malgré ses 37 ans, l’Anglais est encore une star planétaire lorsqu’il pose ses valises dans la capitale. En six mois et 10 matchs joués, l’ancien Merengue prend le temps de distribuer 2 passes décisives et participe à la conquête du premier titre de champion du PSG depuis 1994. Il raccroche les crampons à l’issue de cette saison. Acheté un an auparavant à l’Inter Milan, Thiago Motta marque plus durablement le club de la capitale par son sens tactique et sa qualité de passe. Véritable cerveau du milieu de terrain du PSG pendant six ans et demi, l’Italo-brésilien joue 166 matchs (8 buts et 8 passes décisives) et complète un palmarès déjà très riche avec 5 Ligue 1 Uber Eats, 5 Coupe de la Ligue, 4 Coupe de France et 5 Trophée des Champions. 

Durant le même mercato d’hiver, Leonardo, déjà directeur sportif parisien, réalise deux autres belles prises avec Maxwell et Alex. Recruté au FC Barcelone à 30 ans, le latéral occupe le flanc gauche de la défense parisienne durant cinq ans et demi, avant de tirer sa révérence et de rentrer dans l’organigramme du PSG. En 145 matchs de Ligue 1 Uber Eats (12 buts et 16 passes décisives), il montre toute sa classe et sa finesse technique. Dans un autre registre, le « Tank » Alex (1,88m pour 92 kg) reste quant à lui deux saisons et demie dans la capitale (70 matchs, 6 buts) et forme une solide charnière avec Thiago Silva, jusqu’à l’arrivée de David Luiz. Plus au Sud, l’AS Monaco peut aussi se targuer d’avoir attiré un joueur renommé en janvier avec Dimitar Berbatov. En 2014, le club du Rocher engage le buteur de 33 ans, passé notamment par Tottenham et Manchester United. En un an et demi, l’attaquant bulgare inscrit 13 buts en 38 rencontres de championnat et permet à l’ASM de finir à deux reprises sur le podium. Ensuite, l'Olympique Lyonnais a fortement investi en 2017 pour faire venir Memphis Depay, en provenance de MU. Un international de 22 ans à l'époque qui enthousiasme le club : « Memphis Depay, c’est un joueur sur lequel j’ai fixé une priorité. (...) Il est en n° 1 sur notre liste de 5 », confiait le coach Bruno Genesio à sa présentation. L'international néerlandais est ensuite devenu le capitaine et le leader offensif de l'OL.

Méconnus, ils se sont révélés en Ligue 1 Uber Eats

Mois des bonnes résolutions, janvier peut également être le mois des trouvailles pour les clubs de Ligue 1 Uber Eats. Le Stade Rennais en sait quelque chose. Dans la première moitié des années 2000, le club breton a ainsi profité du mercato hivernal pour réaliser trois de ses plus beaux coups en matière de transferts. En janvier 2003, les Rouge et Noir reniflent la bonne affaire en faisant signer un jeune buteur suisse de 23 ans, particulièrement efficace avec le Servette de Genève… Son réalisme, Alexander Frei l’exportera bien en Ille-et-Vilaine, inscrivant 48 buts en 100 matchs de Ligue 1. Il terminera même meilleur buteur du championnat – le dernier en date côté rennais – en signant 20 réalisations en 2004/2005.

Un an après l’arrivée de Frei, les Rennais dénichent une nouvelle pépite en début d’année. Kim Källström, 21 ans, débarque du club suédois de Djurgardens et montre immédiatement toute l’étendue de son talent. Pour ses six premiers mois, le milieu de terrain marque 7 buts en 18 rencontres. Au total, le Scandinave disputera 83 matchs de championnat avec les Rouge et Noir (20 buts), avant de s’envoler pour l’OL. Autre Rennais à être passé par le club lyonnais, John Mensah a également rallié la Bretagne en janvier (saison 2005/06). Alors âgé de 23 ans, « le roc » ghanéen s’impose tout de suite dans la défense de Laszlo Bölöni (12 titularisations sur les 13 dernières journées). Deux ans et demi après son arrivée, il s’engage avec l’OL.

Dans son passé, le club rhodanien a également su réaliser de jolis coups durant le mercato d’hiver. Claudio Caçapa en est le meilleur exemple. Recruté en janvier 2001 à l’Atlético Mineiro, le défenseur central brésilien se révèle être un cadre du vestiaire des Gones durant les six saisons et demie qu’il passe en Ligue 1 (125 matchs, 7 buts). Avec l’ogre lyonnais, il garnit sa vitrine à trophées en décrochant six titres de champion (2002 à 2007), une Coupe de la Ligue (2001) et quatre Trophée des Champions (2002, 2004, 2005 et 2006).

Car le marché hivernal est également l’occasion de recruter de jeunes pépites sud-américaines qui pourront s’acclimater durant la seconde partie de saison avant de tourner à plein régime. Recruté à 19 ans par l’OGC Nice, Ederson fait partie de cette catégorie. Le brésilien monte en puissance au fil des mois et devient finalement l’un des joueurs majeurs du Gym de Frédéric Antonetti. En trois saisons et demie, il dispute 91 matchs dans le championnat de France et inscrit 16 buts, avant de s’envoler pour l’OL.

Malcom est un autre bel exemple de la capacité des clubs français à trouver de jeunes Brésiliens à fort potentiel. Arrivé à 18 ans chez les Girondins de Bordeaux (hiver 2016), l’ancien des Corinthians rejoint le FC Barcelone deux ans et demi plus tard avec un tout autre statut, conséquence de ses 20 buts et 12 passes décisives signés en 84 rencontres de championnat. Inspiré lors de la période hivernale, le club bordelais avait déjà eu le nez creux quelques années plus tôt en attirant le latéral droit Mariano (janvier 2012) et Fernando Cavenaghi (janvier 2007). L’attaquant argentin, 33 réalisations en 83 matchs, était reparti de France avec une Ligue 1 (2009), deux Coupe de la Ligue (2007 et 2009) et deux Trophée des Champions (2008 et 2009) dans ses valises. 

Autre Sud-Américain à avoir marqué l’histoire récente de la Ligue 1 Uber Eats, le Colombien Mario Yepes débarque en janvier 2002 sur les bords de l’Erdre. Déjà sélectionné avec les Cafeteros, à 26 ans, le défenseur central arrive alors du grand club argentin de River Plate. Chez les Canaris, « El Rey » s’impose rapidement comme le patron de la défense. Durant deux ans et demi (73 matchs, 2 buts), il fait le bonheur des supporters nantais, avant de rejoindre le PSG. Le même mercato hivernal, le FCN s’offre un autre défenseur argentin avec Mauro Cetto, alors âgé de 19 ans. L’arrière central monte en puissance au fil du temps et devient un élément important du club. Cinq ans et demi plus tard, il rejoint le Toulouse FC après la relégation du FC Nantes. Il évoluera également six mois au LOSC.Un an auparavant, le défenseur Mauricio Pochettino avait lui rejoint la capitale, à 29 ans (janvier 2001). L'international en deviendra le patron défensif et le capitaine.

Autre défenseur central argentin, déjà recruté en janvier 2006 par l’OM à 22 ans avant de retourner en Argentine, Renato Civelli retrouve la France durant un mercato hivernal. Engagé par l’OGC Nice en janvier 2010, son impact est immédiat. Civelli dispute 17 des 19 matchs de la deuxième partie de saison. L’OGCN, 18e défense sur la phase aller, passe 7e défense sur la phase retour. Il dispute 116 rencontres dans le championnat avec le Gym (13 buts) avant de partir à Bursaspor, à l’été 2013. Comme Cetto, il passera plus tard par le LOSC.

Avant Milik ce mois-ci ou encore Balotelli il y a deux ans, l’OM a également su réaliser de jolis coups en janvier. En 2009, les Phocéens ont été cherchés Brandao au Shakhtar Donetsk. En six mois, le Brésilien inscrit 7 réalisations en 16 matchs et permet à l’OM de se battre jusqu’au bout pour le titre avec les Girondins de Bordeaux. Il est sacré champion de France l’année suivante et remporte trois Coupe de la Ligue avec le club marseillais (2010, 2011 et 2012). L’OM réalise un autre beau mouvement avec l’arrivée du jeune Taye Taiwo (19 ans), en janvier 2005. En six saisons et demie, le latéral gauche nigérian dispute 191 matchs de championnat et inscrit 17 buts de sa puissante patte gauche. Egalement champion de Ligue 1 en 2010, il gagne deux Coupe de la Ligue (2010 et 2011). Lors de l’édition 2011, il est même élu homme du match de la Finale en inscrivant l’unique but de la rencontre.

L’axe franco-français

Le marché national peut également s’avérer être une bonne solution pour améliorer son effectif. Par le passé, l’AS Monaco a su profiter de cette période pour engager des joueurs qui se sont rapidement révélés être des maillons forts pour le club du Rocher. C’est le cas pour Ludovic Giuly et Jérôme Rothen, deux joueurs qui feront les beaux jours de l’ASM, jusqu’à l’emmené en finale de l’UEFA Champions League (2004). Arrivé sur le Rocher en janvier 1998, de l’OL, à 21 ans, Giuly fait rapidement son trou et devient même capitaine dans la Principauté. En six ans et demi, il marque l’histoire du club en remportant une Ligue 1, une Coupe de la Ligue et en participant activement au fantastique parcours de l’ASM en C1 en 2003/2004. Après 184 matchs dans l’élite sous le maillot monégasque (47 buts), il s’envole pour le FC Barcelone. Lorsque Jérôme Rothen débarque sur le Rocher, en janvier 2002, Giuly est déjà un cadre du vestiaire. Rapidement adopté, l’ancien Troyen met la précision de sa patte gauche au service de l’AS Monaco. Après une première demi-saison difficile passée dans la seconde partie de tableau, Rothen connaîtra deux superbes championnats sous les ordres de Didier Deschamps, terminant deuxième puis troisième de Ligue 1 avant de partir au PSG. 

Recruté durant le même mois, par l’EA Guingamp, Didier Drogba est sans aucun doute le plus joli coup réalisé par le club costarmoricain. Six mois après son arrivée, l’Ivoirien explose au cours de la saison 2002/2003, signant 17 buts en championnat. Avec Florent Malouda notamment, Drogba permet à l’EAG de terminer à la 7e place en championnat, ce qui reste aujourd’hui sa meilleure performance dans l’élite. L’Eléphant rejoint ensuite l’OM, avant de réaliser la riche carrière que l’on sait à l’étranger.

Autre international africain à avoir marqué le mercato hivernal, Pierre-Emerick Aubameyang a également éclaté après avoir changé de club en hiver. Prêté successivement au Dijon FCO, au LOSC et à l'AS Monaco par l'AC Milan, Aubameyang décide de rebondir en Vert. Arrivé en janvier 2011, « PEA » donne la pleine mesure de son talent sous les couleurs de l’AS Saint-Etienne. En 87 matchs de Ligue 1 dans le Forez, Aubameyang signe 37 buts et 14 passes décisives. Avec le Gabonais à la tête de son attaque, l’ASSE termine la saison 2012/2013 avec 60 buts marqués, soit sa meilleure attaque depuis 1981/1982 (74 buts). La même année, les Verts remportent la Coupe de la Ligue, leur premier titre majeur depuis 32 ans.

Moins offensif, Rio Mavuba a malgré tout marqué l’histoire récente du LOSC après son arrivée en janvier 2008, en provenance de Villarreal. Le capitaine des Dogues, deuxième joueur le plus capé de l’histoire du club en Ligue 1 Uber Eats (299 matchs) derrière Marceau Somerlinck (320), est l’homme de base de Rudi Garcia lors de la superbe aventure de la saison 2010/2011, ponctuée par un doublé Coupe/Championnat. Quelques années auparavant, c’était Christophe Dugarry qui avait montré l’exemple à Mavuba en revenant en France après deux expériences ratées à l’AC Milan et au FC Barcelone. Avec l’OM (janvier 1998), Dugarry retrouve le temps de jeu qui lui permet d’être Champion du Monde six mois plus tard. Il finit vice-champion de France et contribue au parcours européen des Phocéens en 1999 (finalistes de la Coupe UEFA). En janvier 2000, il retrouve les Girondins de Bordeaux, son club formateur, avec qui il remporte la Coupe de la Ligue (2002).

L’occasion de lancer une nouvelle dynamique

On l’a vu en 2018 avec l’AS Saint-Etienne, réussir son mercato d’hiver peut changer la face d’une équipe. Seizièmes durant la trêve hivernale, les Verts ont totalement ranimé leur groupe en accueillant Mathieu Debuchy, Neven Subotic et Yann M’Vila. Des mouvements qui ont permis à l’ASSE de finalement terminer à la septième place.

En 2019, le championnat avait donc notamment vu débarquer les Cesc Fabregas et Gelson Martins à l'AS Monaco, Mario Balotelli à l'OM et également Josh Maja à Bordeaux.

La saison dernière, alors que le Stade Rennais F.C. a frappé fort le dernier jour en enrôlant Steven Nzonzi, qui découvrait la Ligue 1 Uber Eats à 31 ans, le mercato d’hiver a été marqué par la réussite de celui mené par l’Olympique Lyonnais. Avec deux joueurs qui se sont imposés dans le onze lyonnais. D’abord Bruno Guimarães, rapidement acclimaté à l’OL à son arrivée le 30 janvier 2020. A 22 ans, le milieu brésilien s’est alors fait une place de titulaire chez les Gones pour en être l’élément moteur de la 2e partie de saison. Et ensuite Karl Toko-Ekambi, alors prêté par Villarreal. Le Camerounais a réussi son retour dans le championnat en franchissant un cap cette saison. Nul doute que tous les clubs de Ligue 1 Uber Eats espèrent voir leurs recrues hivernales avoir pareil impact que ces deux derniers.

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