Mathieu Bodmer
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Mathieu Bodmer prend sa retraite

Publié le 23/06/2020 à 17:05 - VL avec NM

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Âgé de 37 ans, l'ancien milieu du LOSC, de l’Olympique Lyonnais et du Paris Saint-Germain notamment a décidé de mettre un terme à sa carrière. Il comptabilise 418 matchs de Ligue 1 Conforama.

A 37 ans, Mathieu Bodmer a décidé de mettre un terme à sa carrière de footballeur. L'ancien milieu de terrain du SM Caen, du LOSC, de Olympique Lyonnais, du Paris Saint-Germain, de l’AS Saint-Etienne, de l’OGC Nice et de l’En Avant Guingamp aura donc achevé son aventure à l’Amiens SC, où il a vécu trois saisons (48 matchs de Ligue 1 Conforama). Il aura remporté deux titres de champion de France (2008 avec Lyon, 2013 avec Paris), une coupe de France (2008 avec Lyon) et une coupe de la Ligue BKT (2013 avec l’ASSE). Au total, il aura disputé 418 matchs de Ligue 1 Conforama.

Une carrière débutée à 17 ans

Originaire d’Evreux, Mathieu Bodmer rejoint rapidement le SM Caen. Il y fait ses débuts en professionnel à 17 ans seulement, le 29 juillet 2000, en remplaçant Frédérik Viseux à la mi-temps d’un match opposant les Malherbistes à l’AS Cannes. Joueur très habile techniquement et doté d’un caractère affirmé, il dispute 80 matchs de Domino’s Ligue 2 (4 buts) en trois saisons et finit par attirer l’œil de Claude Puel, alors entraîneur du LOSC. Il découvre la Ligue 1 Conforama avec les Dogues, à partir de l’exercice 2003/2004. Il ne la quittera plus…

Après quatre belles années à Lille, Bodmer rejoint l’OL, club phare des années 2000 en Ligue 1 Conforama, durant l’été 2007. Il poursuit son tour de France en rejoignant par la suite le Paris Saint-Germain (2010), l’AS Saint-Etienne (hiver 2013, prêt), l’OGC Nice (2013), l’EA Guingamp pour la deuxième moitié de la saison 2016/2017, avant de poser son baluchon dans son huitième club, l’Amiens SC. En quinze ans dans l’élite (40 buts marqués), il se bâtit un joli palmarès avec deux Ligue 1 Conforama (OL, 2008 et PSG, 2013), une Coupe de la Ligue BKT (ASSE, 2013), une Coupe de France (OL, 2008) et un Trophée des Champions (OL, 2007).

Un esthète du ballon rond

Milieu offensif de formation, Mathieu Bodmer possède un talent indéniable, reconnu par les différents entraîneurs qu’il a pu croiser dans sa carrière. A l’instar de Carlo Ancelotti, qui se montrait élogieux envers lui durant son passage au PSG : « L’habileté de Bodmer lui permet de jouer partout au milieu. Bodmer est un joueur fantastique car il a beaucoup de qualités techniques. Il peut être Pirlo, Seedorf et pour une équipe, avoir un joueur qui peut jouer toutes les positions sur le terrain, c’est bien. Je connais Bodmer depuis quelque temps, car il a joué à Lyon, et je l’ai toujours apprécié. »

Mais ce véritable meneur de jeu, en numéro dix ou devant la défense, doté de qualités techniques et d’un jeu de passe très au-dessus de la moyenne, n’a peut-être pas accompli la carrière que son talent pur lui offrait. Un peu trop nonchalant pour certains, le Normand a souvent été gêné par les pépins physiques, ainsi que par la forte concurrence inhérente aux clubs de haut niveau par lesquels il est passé. Il a ainsi dû reculer et quitter son poste de prédilection pour un rôle de défenseur central, surtout sous la direction de Claude Puel à l’OL puis à l’OGC Nice.

Amiens, son huitième et dernier club

Cette certaine nonchalance, il a finalement su la gommer au cours de sa carrière, mais plutôt sur le tard, comme il le confiait il y a deux ans au quotidien L’Equipe : « J’ai pris conscience de beaucoup de choses, j’ai travaillé plus ces dernières années. Quand tu vois des gars de 35 ans qui ont tout gagné et qui arrivent deux heures avant le début de l’entraînement… Maxwell, par exemple […] J’avais de mauvaises habitudes, et on ne change pas du jour au lendemain, il m’a fallu du temps. J’aurais pu faire mieux, c’est une certitude, je le sais, tout le monde le sait. J’aurais pu faire pire, au regard de mon caractère. »

Recruté par l’Amiens SC à l’été 2017, après six mois du côté de l’En Avant Guingamp (10 matchs), Mathieu Bodmer dispute 48 matchs en trois saisons, dont 26 en 2018/2019. Après Souleymane Camara (Montpellier HSC) et Florent Balmont (DFCO), c’est donc un nouveau doyen de la Ligue 1 Conforama qui tire sa révérence. Ses gourmandises vont nous manquer !

Certaines personnes penseront qu’il est plus facile de s’arrêter à 37 ans, parce qu’on se dit être arrivé au bout du chemin, que la carrière a été suffisamment longue. C’est faux. Pour le passionné que je suis, La retraite, c’est comme une petite mort. Un moment où tout retombe après 20 ans d’emotions, toutes plus intenses les unes que les autres. ⁣ ⁣ Je replonge dans mes débuts à Évreux en 1988, mon premier match pro avec Caen en juillet 2000, la découverte de la Ligue des Champions avec Lille, le doublé Coupe/Championnat avec l’OL, une demi-finale de C1 contre le Bayern, la découverte de clubs chargés d’histoire comme Saint-Etienne et Nice, sans oublier Guingamp et Amiens, deux clubs de guerriers, chaleureux et familiaux. ⁣ ⁣ Mais rien de tout cela ne pourra égaler la fierté d’avoir jouer pour mon club de coeur : le Paris Saint-Germain. En 2010, les planètes semblent enfin alignées pour boucler mon transfert au PSG. A cette époque, j’aurais été capable de rejeter toutes les offres, peu importe qu’elles proviennent des meilleurs clubs d’Europe. Je voulais Paris, c’était mon rêve de gosse. J’ai aujourd’hui une pensée particulière pour Alain Roche et Antoine Kombouaré, qui ont rendu cela possible. ⁣ ⁣ Forcément, après plus de 600 matches en pro, ne pas finir sur le terrain laisse un goût amer. 20 ans de voyages, de rencontres extraordinaires - qu’ils soient joueurs, coaches, dirigeants, supporters - auraient mérité une meilleure fin. Je repense à Mohamed El Kharraze, qui est venu me chercher dans mon quartier à Évreux. À Nasser Larguet, alors directeur du centre de formation du SM Caen, qui m’a fait signer mes premiers contrats et fait monter en équipe pro. À Claude Puel, qui m’a coaché pendant 9 ans, au LOSC, à l’OL, ou encore à Nice.⁣ ⁣ 3 mois après une fin de saison forcée, je me sens déjà nostalgique. Mais je vais pouvoir passer plus de temps auprès de ma femme et mes filles, et soutenir mes fils, jeunes footballeurs au HAC et à Caen. L’amoureux du ballon rond que je suis n’est pas encore prêt à prendre de la distance, loin de là. Les projets professionnels liés au foot sont nombreux, l’envie d’entreprendre est immense.⁣ ⁣ A très vite, ⁣ ⁣ Mathieu Bodmer

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