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Nantes-Rennes : L'heure de vérité pour Raymond Domenech

Publié le 05/01/2021 à 17:45 - AFP

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Pour son retour à la tête d’un club, Raymond Domenech, nouvel entraîneur du FC Nantes, va avoir fort à faire avec la réception du Stade Rennais F.C., mercredi (19h), dans un derby breton qui s’annonce important.

« La vérité, ce sera le match » : après son retour surprise aux affaires à Nantes, Raymond Domenech rentre dans le vif du sujet mercredi contre le Stade Rennais F.C. (19h00) dans un derby breton crucial pour des Canaris en pleine déprime.

Il n'a plus entraîné en première division française depuis Lyon il y a près de 30 ans, il ne s'est plus vraiment retrouvé sur un banc depuis la débâcle des Bleus au Mondial 2010. Ses joueurs n'ont plus gagné depuis deux mois et n'ont que trois points d'avance sur le barragiste. Mais Raymond Domenech affiche sérénité et décontraction, tout à son plaisir de retrouver le terrain.

Difficile d'imposer une patte en quelques jours... D'autant qu'il assure vouloir avant tout se fondre dans la riche tradition locale de jeu et « faire refleurir l'ADN du club ». Mais après avoir testé trois systèmes de jeu à l'entraînement, il assure avoir déjà « une idée précise » de celui qu'il alignera face à Rennes.

Un manque d'« esprit collectif »

Dans un avenir proche, il a cependant demandé au capitaine Nicolas Pallois de réunir quelques cadres de l'équipe pour « un vrai échange (...). J'ai besoin de leur vécu et de leur ressenti pour construire quelque chose ». Et malgré les critiques sur les récentes prestations décevantes des Canaris, « je trouve que c'est un groupe sain, qui fait des efforts », a-t-il assuré lundi à la presse, en précisant que l'équipe manquait surtout d'esprit collectif.

Lui se voit comme un « coordinateur », chargé de « permettre à chacun d'être le mieux possible ». Ensuite, ce sera aux joueurs d'agir. « La vérité, ce sera le match ». Peu importe le contexte, son étiquette de 15e entraîneur de l'ère Kita ou la fronde d'une partie des Ultras contre le président. « Quand je suis arrivé à Lyon (1988-1993), M. Aulas (président du club depuis 1987) venait de virer trois entraîneurs. Il n'avait pas d'expérience, il était contesté », a-t-il rappelé.

Peu importe non plus le temps écoulé depuis ce dernier contact avec un club professionnel : « Le jeu se joue toujours à 11 contre 11 », seuls les moyens techniques et la taille des staffs ont évolué. « J'ai eu la chance de pouvoir aller voir à droite, à gauche, comment ça se passait, ce qui se faisait. J'ai toujours été entraîneur, toute ma vie », a insisté l'ancien sélectionneur devenu consultant télé.

« Il n'a pas déconnecté », analysait fin décembre Stéphane Moulin, l'entraîneur d'Angers. « Évidemment que s'occuper d'un club ce n'est pas comme s'occuper d'une sélection. Mais c'est comme le vélo, ça ne se perd pas. »

Le doyen et le benjamin

Il peut cependant s'attendre à un premier sommet compliqué en guise de reprise, avec un derby qui aurait certainement été incandescent si le public avait été admis à la Beaujoire. Remonté au pied du podium de Ligue 1 Uber Eats après un automne morose, Rennes reste sur quatre victoires d'affilée... et sur l'émotion de la victoire arrachée grâce à deux buts dans les arrêts de jeu lors du dernier derby il y a un an au Roazhon Park.

Pour Domenech, doyen des entraîneurs de Ligue 1 Uber Eats à bientôt 69 ans (le 24 janvier) ce seront aussi des retrouvailles avec le benjamin, Julien Stéphan, 40 ans, qu'il avait connu enfant à Lyon. « Je l'ai vu grandir. Je suis heureux qu'il y ait de jeunes entraîneurs à qui on fait confiance, qui font des choses très bien (...). Son jeu est cohérent, son équipe est compacte et va vite. C'est du bon travail », a-t-il assuré.

Stéphan s'est contenté de saluer la « longue et riche carrière d'entraîneur » de Domenech, en précisant cependant avoir reçu de lui « un message de soutien » quand Rennes peinait cet automne. Mais mercredi, il regardera « le terrain et les joueurs », pas le banc.

Même avis du côté de Benjamin Bourigeaud, l'ancien Lensois arrivé à Rennes en 2017 : « La première chose qu'on m'a dite quand j'ai signé à Rennes, c'est qu'il fallait battre le FC Nantes ». Peu importe le nom de l'entraîneur adverse.

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