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Toulouse a changé de logiciel, mais pas de culture

Toulouse a changé de logiciel, mais pas de culture

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Publié le 16/08 à 15:40 - Avec AFP

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11 départs et 6 arrivées, le Toulouse FC a procédé à un renouvellement d’effectif avec en plus un nouveau coach pour la saison 2023/24, alors que le mercato n’est pas terminé. Sans pour autant changer de méthode autour de la data.

Le Toulouse FC, malgré sa victoire en Coupe de France et un maintien en Ligue 1 Uber Eats confortablement acquis pour un promu, a formaté son disque dur avec les départs de plusieurs cadres et de l’entraîneur Philippe Montanier, remplacé par un coach sans expérience à ce niveau.

Depuis son rachat en 2020 alors qu'il venait d'être relégué en Ligue 2 BKT, le TFC s'appuie à tous les étages sur le traitement de données statistiques, la data. La méthode, revendiquée, a été payante jusqu'ici, avec un retour rapide dans l'élite avec un titre de champion en 2022, une victoire en Coupe de France et un recrutement souvent judicieux (van den Boomen, Dejaegere, Dallinga, Aboukhlal…). Cet été, le logiciel avait pourtant apparemment besoin d'une mise à jour.

Premier changement apporté, un des plus notables, celui du coach avec le départ de Philippe Montanier, à qui il restait encore un an de contrat. Le président toulousain Damien Comolli expliquait que, « tous nos indicateurs nous ont montré que l'on avait une équipe pour finir 10e ou 11e. C'est la première fois depuis que l'on est au club que l'on sous-performe » : le TFC ayant terminé à la 13e place du classement la saison dernière.

Il a ensuite mis en avant la courbe ascendante des résultats depuis l'arrivée en décembre dernier sur les bords de la Garonne du successeur de Montanier, l'Espagnol Carles Martinez Novell, initialement en tant qu'adjoint. « On est très intransigeant sur ce que l'on veut voir comme style de jeu et les conceptions footballistiques de Carles correspondent à ce que l'on veut mettre en place. Il va aller encore plus loin que ce que l'on a fait jusqu'à maintenant », a affirmé le président Comolli.

« Pas un nouveau cycle »

L'inexpérience de Martinez Novell, qui n'avait entraîné auparavant que des équipes de jeunes en Espagne (FC Barcelone, Espanyol) et dans les pays du Golfe, interroge forcément. D'autant que le Catalan de 39 ans est entouré d'adjoints encore plus jeunes - son compatriote Pol Garcia (32 ans) et Jordan Galtier (34 ans), le fils de Christophe Galtier - et qu'il va devoir composer avec un effectif considérablement renouvelé.

Le Téfécé a perdu à l'intersaison quatre joueurs cadres : son capitaine belge Brecht Dejaegere, son maître à jouer Branco van den Boomen, le Néerlandais Stijn Spierings et le gardien Maxime Dupé.

D'autres départs ne sont d’ailleurs pas à exclure d'ici la fin du mercato, une nouvelle fois marqué dans l'autre sens par l'arrivée de jeunes étrangers encore peu connus. Le dernier en date étant Nicklas Schmidt. Un Allemand de 25 ans (milieu récupérateur ou meneur) qui arrive après deux Espagnols, un Néerlandais et un Vénézuélien.

Sans oublier trois joueurs venus de Ligue 2 BKT, dont les retours de prêts de Mamady Bangré (QRM) et Yanis Begraoui (Pau FC), qui se sont mis en évidence lors du dernier match de préparation contre la Roma (victoire 2-1 au Stadium), le premier offrant le but de la victoire au second, et le renfort de l’attaquant Frank Magri, arrivé du SC Bastia.

Une trajectoire à la Lafont pour Guillaume Restes ?

« Une partie de l'équipe est à reconstruire, mais il ne faut pas oublier que beaucoup de joueurs étaient déjà là la saison dernière », nuance Comolli. « On n'a rien cassé. On ne cherche qu'une chose : s'améliorer ». La preuve, côté gardien, pour succéder à Maxime Dupé, resté trois saisons au club comme n°1, le club mise sur Guillaume Restes (18 ans), né à Toulouse et pur produit de la formation. Passé pro à 16 ans, le portier est international U18 après l’avoir été en U17. De quoi rappeler les débuts précoces d’Alban Lafont, qui avait été lui titulaire à 16 ans et 309 jours en Ligue 1 Uber Eats.

« Ce n'est pas un nouveau cycle car on ne change pas de culture, on ne change pas la manière dont on prend les décisions », insiste le dirigeant. Cette saison apportera tout de même un gros changement au TFC : une participation à la Ligue Europa, grâce à sa victoire en Coupe de France. « Certains m'ont dit qu'ils voulaient recevoir de grandes équipes au Stadium », répond le président toulousain. « Moi, pas du tout. Je veux le groupe le plus facile possible pour aller le plus loin possible ». Qu'en disent les algorithmes ?