Arbitrage

Antony Gautier : « Favoriser le jeu et le spectacle »

Antony Gautier : « Favoriser le jeu et le spectacle »

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Publié le 04/08 à 20:54 - AFP

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Consignes, temps additionnel, VAR, sonorisation… Le directeur de l'arbitrage français Antony Gautier a fait le point jeudi.

Quelles sont les principales consignes adressées aux arbitres pour cette saison ?
L'objectif sera de favoriser toujours plus le jeu et le spectacle. L'idée, c'est d'avoir les matchs les plus fluides possibles, avec la nécessité de ne pas intervenir nécessairement sur les micro contacts qui n'apportent rien au déroulement des rencontres et d'intégrer une nouvelle disposition que l'IFAB (le gardien des lois du jeu) a prévu depuis le 1er juillet et qui concerne le temps additionnel. Le temps perdu après la célébration d'un but sera récupéré dans le temps additionnel. C'est un élément important qui aura un impact sur la durée des rencontres, à l'instar de ce que nous avons pu voir à la Coupe du monde au Qatar en 2022 ou de ce que nous voyons actuellement à la Coupe du monde féminine en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Il y aura donc des temps additionnels à rallonge ?
Tout sera lié aux événements qui se dérouleront durant la rencontre. Mais quand on a vu 13 minutes de temps additionnel lors du match de l'équipe de France féminine contre le Panama au Mondial, ce sera possible d'avoir le même scénario en Ligue 1 Uber Eats ou en Ligue 2 BKT.

Quel bilan tirez-vous jusque-là de l'utilisation de la VAR ?
L'assistance vidéo a été introduite depuis la saison 2018-2019. Elle a montré qu'elle apportait une véritable utilité puisqu'elle permet de corriger des erreurs évidentes. Il ne s'agit pas de la remettre en cause. En 2022-2023, nous avons eu 83% d'erreurs majeures corrigées grâce à l'assistance vidéo. C'est une vraie plus-value et nous allons poursuivre ce recours à l'assistance vidéo en espérant que le taux de correction soit toujours aussi important. L'assistance vidéo sera aussi introduite en Ligue 2 BKT à partir de la saison 2024/2025 et donc la Direction de l'arbitrage va devoir recruter et former de nouveaux arbitres vidéo.

Les arbitres ayant recours à la VAR sont mal notés. Allez-vous revenir en arrière sur ce point ?
Jusqu'à la saison 2022/2023, le recours à l'assistance vidéo avait un impact sur la notation. J'ai été nommé en janvier 2023 et je n'ai pas souhaité modifier les règles en cours de saison. Mais je me suis engagé à faire évoluer la notation des arbitres. Soit le recours à l'assistance vidéo est lié à un manquement technique de l'arbitre sur le terrain : un mauvais positionnement, un mauvais déplacement, une mauvaise collaboration avec les arbitres assistants. Dans ce cas-là, il y aura un impact sur la notation. Par contre, dans des situations où l'arbitre a répondu sur le terrain aux exigences techniques mais n'a pas pu voir une infraction que seule la vidéo a pu identifier, il n'y aura aucun impact sur la notation. L'assistance vidéo est un outil d'aide à la décision des arbitres et ne doit pas être une crainte.

Où en est la question de la sonorisation des arbitres ?
C'est un sujet très important pour la Fédération. Le 19 janvier, le président de la FFF avait officiellement saisi l'IFAB pour lancer une expérimentation sur la sonorisation en direct et en continu et sur la communication au public des décisions de la VAR. Le 21 avril, l'IFAB a dit non à ces deux demandes. Nous en avons pris acte. Mais le message est clair : la France est prête à s’impliquer sous quelque forme que ce soit dans ces avancées en matière d'arbitrage. Il faudra avoir un cadre le moment venu mais c'est le sens de l'histoire et nous poursuivrons ponctuellement des expérimentations.