William Saliba (ASSE)
Interview

William Saliba : «Jean-Louis Gasset m'a appris à être un homme»

Publié le 21/07/2019 à 08h00 - ADS

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A Washington pour les EA Ligue 1 Games en juillet 2019, le jeune défenseur de l'AS Saint-Etienne William Saliba était revenu sur sa première saison chez les pros, sa relation avec Jean-Louis Gasset ou encore son enfance avec les Mbappé.

William, comment se déroule cette pré-saison avec l'AS Saint-Etienne ?
Après une semaine de vacances à Marbella avec des amis et un peu de temps passé à Bondy, dans mon quartier, il était l'heure de reprendre. Enfin, je n'ai pas encore repris avec le reste du groupe, je travaille encore à part à cause de la blessure aux adducteurs que j'ai subie en fin de saison dernière. Lors des deux derniers matchs de championnat, je commençais à avoir mal mais j'ai essayé de forcer un peu pour disputer le Mondial U20. Mais après m'être rendu au rassemblement des Bleuets, j'ai vite vu que c'était mort. Ça a été une grosse déception, ça m'a fait mal au coeur de ne pas pouvoir disputer un Mondial, même si c'est toujours mieux de se soigner que d'aggraver une blessure...

Dans quel état d'esprit te trouvais-vous il y a un an pile ?
J'étais vraiment excité et content car je découvrais le monde pro. J'avais très envie de progresser à chaque entraînement, au contact des grands joueurs qui font partie de l'effectif. Et je savais aussi que je ne pouvais que progresser avec un grand coach comme Jean-Louis Gasset. Il fallait que je sois prêt pour essayer de gratter des matchs avec l'équipe première.

Est-ce que tu t'attendais à jouer autant ?
Pas du tout. Je me disais que ce serait pas mal de m'entraîner toute la saison avec les pros et de peut-être jouer un ou deux matchs. Le destin en a décidé autrement puisque j'ai pu faire plus de rencontres (16 dont 13 comme titulaire en Ligue 1 Conforama) et j'en suis fier.

« Grâce à Gasset que j'ai pu avoir cette progression »

A quel moment t'es-tu rendu compte que tu avais le niveau pour entrer dans la rotation ?
Je commençais à enchaîner les bancs. Quand tu entres dans ces stades-là et que tu vois ces matchs, ces ambiances, tu n'as qu'une envie : que le coach te fasse confiance et te fasse jouer. C'est en septembre que le coach m'a lancé, je m'en rappellerai toujours. La confiance qu'il m'a transmise a été très importante. Même quand je faisais de mauvaises prestations, en raison de ma jeunesse et de mon inexpérience, il continuait à me faire jouer. C'est grâce à lui que j'ai pu avoir cette progression.

Au-delà de cette confiance, que t'a apporté Jean-Louis Gasset ?
Ce qui est bien avec lui, c'est qu'il te conseille aussi bien sur le plan sportif qu'extra-sportif. Il m'a appris à être un homme. Il a entraîné tellement de grands joueurs qu'il a énormément de conseils à donner. Il m'a parlé de Raphaël Varane, qu'il a eu en équipe de France, ou de Thiago Silva, qu'il a côtoyé au PSG. Ses conseils portaient sur le jeu de tête notamment mais également sur les autres compartiments du jeu.

La défense de l'ASSE compte des éléments très expérimentés, comme Loïc Perrin ou Mathieu Debuchy. Quel est leur rôle dans ta progression ?
A Saint-Etienne, il y a des joueurs d'expérience, de très grands joueurs dans chaque ligne, ce qui est parfait. Quel que soit le poste, je peux observer ce que font mes coéquipiers pour progresser. Je me rappelle aussi que lors de mon premier match, Yann M'Vila m'avait dit de ne pas hésiter à lui mettre la balle lorsque j'étais en galère, même s'il était pressé. Ils m'ont tous mis à l'aise. L'état d'esprit est très bon dans ce groupe. Pour en revenir à des joueurs comme Loïc ou Mathieu, ils me donnent souvent des conseils. Tout ce qu'ils font, je ne le fais pas encore bien, que ce soit dans le jeu de tête, les passes, le jeu long... Ils ont beaucoup plus d'expérience que moi donc je dois faire attention à ce qu'ils font à l'entraînement pour être capable de faire pareil qu'eux un jour voire mieux.

Quels sont les aspects de ton jeu sur lesquels tu souhaites travailler en priorité ?
Il n'y en a pas un en particulier. Je suis jeune encore, j'ai tout à améliorer. J'ai une importante marge de progression. A mon âge, je dois tout améliorer, tout perfectionner pour en faire en sorte de ne pas m'arrêter de progresser.

« Kylian Mbappé était un phénomène »

Tu as débuté le foot dans la ville de Bondy, comme un certain Kylian Mbappé...
Oui, je le connais car on était dans la même école primaire. Le collège dans lequel il était avant de partir pour Clairefontaine, c'était également mon collège. Et à l'époque de la primaire, j'étais coaché par son père donc j'allais souvent chez lui. On voyait Kylian tout le temps. C'était un jeune comme nous sauf que c'était un phénomène. Et son père donc, c'était un très bon coach. Il me disait toujours la vérité, sans y aller par quatre chemins. Il m'a appris le football et même si je ne l'ai eu que pendant un an ou deux, il continuait à me suivre lorsque j'étais entraîné par d'autres. C'était un peu le boss du club, il était partout.

Entre Bondy et l'ASSE, tu es passé par Montfermeil...
Oui, j'y ai joué deux ans. Je suis entré en centre de formation à 15 ans, un peu plus tard que certains. Mais quand j'ai vu à quoi ressemblait la vie en centre de formation, je me suis dit heureusement que je ne suis pas arrivé plus tôt. Ça m'a fait un choc de quitter Bondy pour Saint-Etienne. Quand tu es habitué à vivre avec ta mère, ta famille, c'est dur à vivre... Et Saint-Etienne et Paris ne se ressemblent pas vraiment. Mais je me suis habitué à la ville et, maintenant, je m'y sens très bien.

Quel est le meilleur souvenir de ta première saison chez les pros ?
Je me souviens vraiment bien des derniers matchs de la saison, quand le Chaudron était en feu. Ces derniers matchs où on jouait l'Europe, ça va vraiment me rester. Il y a très peu d'équipes qui ont la chance de jouer dans un stade comme ça.

Quels objectifs as-tu en tête pour la saison 2019/2020 ?
Mon souhait est de confirmer. J'ai fait une bonne fin de saison dernière donc il va falloir confirmer, ce qui reste le plus dur. Chaque saison, je dois essayer de faire mieux que lors de la précédente. Mais avant ça, je vais essayer de profiter de cette tournée aux Etats-Unis. C'est ma première fois ici et c'est un rêve d'être là. Je regarde des séries et des films américains, j'écoute des rappeurs comme Migos... Je suis très attiré par la culture américaine.