Interview

Jocelyn Gourvennec : « Être plus clinique »

Publié le 04/01/2022 à 08:42 - AFP

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Dans sa première saison lilloise, l'entraîneur Jocelyn Gourvennec a fait part de son ambition pour la deuxième partie de saison de Ligue 1 Uber Eats, alors que le LOSC pointe au 8e rang.

Quel bilan tirez-vous de la première partie de saison du LOSC ?
On a été irrégulier en Ligue 1 Uber Eats. Une fois qu'on a lancé la Ligue des champions, on a été mieux en championnat, mais sans avoir les résultats qu'on aurait pu espérer par rapport à ce qu'on faisait sur le terrain. On est passé d'un début de championnat assez laborieux à ensuite du mieux à tous les niveaux, mais sans concrétiser, et puis le fait de s'être mis au niveau en Ligue des champions, ça a fait prendre conscience à tout le monde qu'on pouvait faire de bonnes choses. C'est ça qui nous a fait basculer du bon côté.

Le bon parcours en Ligue des champions a donc été capital pour le renouveau en championnat ?

C'est le paradoxe d'un bon parcours en Ligue des champions quand tu n’as pas un gros effectif : ça prend beaucoup d'énergie mais en même temps, ça te booste sportivement. Le match aller face à Séville (0-0) a été important car on a été très solide contre une très bonne équipe, et gagner là-bas (2-1) au match retour a été un tournant car ça a vraiment fait prendre conscience au groupe qu'on était capable d'être très bon, même à l'extérieur. Cela a vraiment été décisif.

Les premières semaines ont pourtant été difficiles. Comment avez-vous redressé la barre ? 

On a fait le dos rond quand il fallait. On ne s'est pas énervé, ce n'est pas parti dans tous les sens, on est resté focus. Le groupe a toujours bien répondu, est toujours resté très travailleur et pour moi, le comportement des joueurs à l’entraînement c’est toujours un indicateur. L’équipe a bien progressé, a pris de l’épaisseur, mentalement et dans le jeu. Il y a encore du travail. On l’a vu contre Bordeaux (victoire 3-2). Mais on a du répondant, on est capable de revenir et ce qui est intéressant, c’est qu’on a réussi à renverser le match car on a été efficace.

« Difficile de passer derrière Christophe (Galtier) »

Dans quels domaines votre équipe doit-elle progresser ?

On doit être beaucoup plus exigeant, beaucoup plus régulier. Les joueurs ont retrouvé les bonnes sensations de la saison dernière où ils étaient capables, dans l’adversité, de rebondir. Ce qui nous a manqué sur la phase aller, c’est de l’efficacité car on s’est créé beaucoup d’occasions, beaucoup plus que l’année dernière, mais on n’a pas suffisamment concrétisé. C’est en réglant ça, en étant plus clinique, qu’on peut se donner de l’air. On est positionné, on est à l’affut.

Craignez-vous un affaiblissement de l'équipe lors du mercato ?

Je laisse le président gérer ces affaires-là. Jusqu’à présent, je n’ai pas eu beaucoup de temps pour gérer autre chose que le sportif, le management du groupe. On verra ce que le mercato donne. Le président a dit que l’idée serait de garder une équipe compétitive. C’est ce qu’il avait fait en arrivant lors du mercato l’année dernière et c’est ce qu’il va encore faire. On a tellement d’échéances importantes, d’affiches qui vont être excitantes, qu’on doit rester compétitif.

A titre personnel, comment jugez-vous vos six premiers mois à Lille ?

Les choses se mettent en place. Je savais que ça serait difficile de passer derrière Christophe (Galtier), de rejoindre un groupe qui a été champion, de manager un vestiaire et de le remobiliser après un titre de champion. Il a fallu que tout le monde trouve ses marques et que les joueurs s’adaptent à une personnalité et un discours différent. Je pense que j’ai réussi au fur et à mesure à ce que ma voix porte et que ma personnalité soit comprise, acceptée et appréciée par le vestiaire. Aujourd’hui, on y est et les résultats l’ont montré. Maintenant il faut qu’on repousse nos limites, je veux encore faire mieux dans la deuxième partie de saison.