Interview

Nabil Alioui : « On apprend plutôt vite cette saison »

Nabil Alioui : « On apprend plutôt vite cette saison »

Interview
Publié le 30/11 à 15:38

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Rookie cette saison en Ligue 1 Uber Eats, Nabil Alioui contribue activement à la bonne tenue du promu havrais cette saison. Entretien avec l’attaquant du HAC dans lequel il nous partage ses émotions de découvrir l’élite.

Nabil, vous découvrez cette saison en Ligue 1 Uber Eats, mais vous aviez déjà vécu de grands moments par procuration avec l’AS Monaco. Pouvez-vous nous raconter ?
Lors du titre de champion en 2017, j’étais dans les tribunes pour assister au sacre. A l’époque, il y avait Kylian Mbappé et une magnifique équipe. L’année avait été une grande réussite avec également la demi-finale de Ligue des Champions (perdue contre la Juventus). Ça vend du rêve ! Je crois que tous les joueurs qui étaient avec moi à la formation se disaient : « pourquoi pas moi un jour ? ».

C’est aussi lors de votre formation sur le Rocher que vous avez approché pour la première fois la Ligue 1 Uber Eats...
J’ai connu l’équipe pro au retour de Leonardo Jardim (en 2019). Du coup, ce n’était pas le même groupe que celui des champions de France, mais il y avait Fabregas, Keita Baldé, Ben Yedder, Slimani…des grands joueurs. Ça m’a fait bizarre au début d’être à leurs côtés à l’entraînement, mais on s’y fait vite et c’est un pur plaisir.

Après trois saisons en Ligue 2 BKT et un titre avec le HAC, vous découvrez vraiment la Ligue 1 Uber Eats. Aviez-vous particulièrement attendu l’annonce des calendriers des matchs à l’intersaison ?
Plutôt oui. Comme c’était ma première saison en Ligue 1 Uber Eats, j’ai tout de suite regardé contre qui j’allais jouer mon premier match ! Et après, c’est vrai que j’ai voulu savoir quand on jouerait le PSG, l’OL, l’OM, ou contre des collègues à retrouver.

Le 13 août dernier, vous avez donc connu votre 1er match de Ligue 1 Uber Eats...
Un premier match à La Mosson contre Montpellier (2-2). Ça faisait bizarre de voir toute la panneautique Ligue 1 Uber Eats autour du terrain. C’était un sentiment agréable. Enchaîner des matchs contre Montpellier, Rennes, Lyon…c’est magnifique ! Mais on n’aborde pas un match différemment selon l’adversaire, ce qui prédomine c’est l’excitation de jouer en Ligue 1 Uber Eats, d’affronter des grosses équipes avec de très bons effectifs. C’est quelque chose dont j’ai toujours eu envie.

Quel souvenir gardez-vous ensuite de votre premier match à Océane contre le Stade Brestois ?
C’était vraiment particulier, car le club retrouvait l’élite 14 ans après. Pour cette première à domicile, le stade était plein. Malheureusement, on a perdu ce match, mais c’était juste pour que le suivant à Océane soit encore plus beau ! Avec une victoire 3-0 (contre Lorient) ! Le public a répondu présent. Ce qui est beau avec les supporters, c’est que la saison dernière nous avons réussi à les faire monter à bord. Et petit à petit, nous avons renforcé les liens avec eux. Forcément, lorsque l’équipe est soudée et que les supporters sont derrière vous, ça ne peut donner que des choses positives, comme le titre de l’an passé et nos débuts cette saison.

« Le Vélodrome, c’est immense ! »

Pour votre 3e match, vous signez un doublé et découvrez les joies de marquer en Ligue 1 Uber Eats…
Avant ça, lorsque l’on arrive pour affronter Rennes – une des meilleures équipes du championnat – dans un superbe stade, on se dit que c’est ça la Ligue 1 Uber Eats, que c’est ça que nous voulions vivre. Dès l’entame on est en difficulté (2-0 à la 24e), et arrive ensuite mon premier but (40e). Mais dans ma tête, je ne réfléchis pas. Je ne pense pas au fait que je viens de marquer pour la première fois en Ligue 1. Je veux juste prendre le ballon et vite le ramener pour reprendre le jeu. Je réussis ensuite à marquer un second but. C’était magnifique, beaucoup d’émotions et de joie, dans cette ambiance du Roazhon Park ! D’autant qu’à la fin nous avons tenu le nul en infériorité numérique (2-2).

Cela a été l’occasion pour vous de signer votre première célébration dans le championnat...
C’était une célébration pour mon neveu en mettant mon doigt devant la bouche. Il est encore tout petit et je voulais lui faire ce petit clin d’œil.

Avant d'affronter le leader parisien samedi, quels adversaires vous ont le plus impressionnés depuis le début de la saison ?
Lille et Marseille sont de belles équipes. Et j’ai aussi envie de citer Clermont, qui malgré son classement joue bien au foot. Certaines sont plus en réussite que les autres, mais tout le monde propose du jeu en Ligue 1 Uber Eats. On ne sait jamais à quoi s’attendre avant un match.

Quelle ambiance a été la plus marquante ?
Celle du Vélodrome, c’est immense ! Un moment incroyable de jouer devant 63 000 spectateurs ! Ils n’arrêtent jamais de chanter et d’encourager.

« Pas plus de pression que la saison passée »

Quelles principales différences avez-vous constaté entre la Ligue 2 BKT et la Ligue 1 Uber Eats ?
Le plus surprenant est la qualité. Par exemple, les défenseurs sont plus costauds, ils vont vite, relancent de derrière. Ça ne balance jamais. Le jeu est davantage construit, c’est plus technique avec plus d’intensité. On ne voit pas de longues phases de jeu long comme on peut le retrouver parfois en Ligue 2. Ce qui nous oblige à être plus décisifs dans les deux surfaces : solide en défense et tranchant en attaque. En face, les autres équipes sont habituées à évoluer à ce niveau et savent comment gérer un match de Ligue 1. Alors que pour la plupart d’entre nous, nous découvrons tout cela. Et on apprend plutôt vite.

Et du côté du club havrais, voyez-vous des changements du fait d’évoluer parmi l’élite ?
En interne, il n’y a pas grand-chose qui a changé par rapport à la saison passée. Le coach n’a pas changé de discours. Il reste très positif. Il nous dit de prendre du plaisir, tout en ayant une grande exigence. Ce qui est différent, c’est l’extérieur, notamment médiatiquement, où l’on parle plus du Havre AC. Personnellement, je ne ressens pas plus de pression que la saison passée.

Individuellement, vous êtes-vous fixé des objectifs avant d’entamer la saison ?
Non, pas spécialement. Il y avait surtout de l’excitation. Je ne me suis pas mis de limite. Je vois ce que je peux atteindre en me donnant à fond. Je suis avant tout un joueur de collectif. Au début de la saison, le coach m’a aligné en numéro 9. J’ai essayé de faire au mieux mon travail. J’ai été formé comme avant-centre et j’ai toujours joué à cette place. Désormais, je suis davantage décalé sur la gauche, dans un rôle de passeur. J’essaye d’être tout aussi important pour mon équipe et d’être utile, en créant du jeu, donner des dernières passes et être créatif.

Êtes-vous (agréablement) surpris par la tournure prise par la saison du Havre AC (8e du classement) ?
Le groupe travaille énormément pour obtenir ces résultats, donc je ne suis pas forcément surpris de nous voir à ce niveau. Mais on constate à quel point la Ligue 1 Uber Eats est un championnat très relevé et que si nous ne sommes pas tout le temps à fond, ça risque de devenir plus compliqué. C’est un niveau bien supérieur à ce que nous avons connu la saison passée. Nous en sommes conscients.

La fiche de Nabil Alioui