Interview

Carles Martínez Novell : « J’ai halluciné en voyant Guillaume Restes »

Carles Martínez Novell : « J’ai halluciné en voyant Guillaume Restes »

Interview
Publié le 03/01 à 09:41 - Arnaud Di Stasio

Partager

Sa philosophie de jeu, Guillaume Restes, son parcours chez les jeunes du Barça, Xavi Simons, Luis Enrique… Entretien avec Carles Martínez Novell, l’entraîneur du Toulouse FC.

Vous êtes originaire de Catalogne, où vous avez débuté votre carrière d’entraîneur à l’âge de 16 ans. Comment avez-vous décidé de vous tourner vers le coaching si jeune ?
Je jouais gardien de but et c’est vrai que depuis la cage, j’ai toujours aimé donner de la voix. J’essayais d’aider mon équipe pas seulement dans le jeu mais aussi par la communication. J’adorais ça ! De là, j’ai commencé à entraîner. Surtout, je me suis rapidement rendu compte qu’avec ma taille moyenne, j’aurais eu du mal à faire une grande carrière de gardien de but. Ma motivation s’est donc tournée vers le coaching. Pendant de nombreuses années, j’ai travaillé comme professeur d’éducation physique dans des écoles parce que j’aime transmettre. Je me sens à l’aise là-dedans et c’est ce que j’aime le plus finalement, que ce soit avec des jeunes ou des adultes. Mon travail n’a pas vraiment changé.

Quand vous entraîniez les équipes de jeunes du FC Barcelone, vous avez dirigé quelqu’un que nous connaissons très bien en France, Xavi Simons. Êtes-vous surpris de sa progression et de la dimension qu’il a prise ?
Non, pas du tout. Je ne suis pas surpris car, comme j’en discute parfois avec les joueurs de Toulouse, Xavi a cet instinct pour la compétition, cet ADN pour la compétition. Dès son plus jeune âge, il a dû composer avec la pression. Je me souviens d’un tournoi U14 que nous avions joué en Suède et tout le monde était venu voir Xavi. C’est peut-être le plus grand compétiteur que j’ai entraîné. Il voulait gagner lors de chaque exercice, chaque jeu, et il encourageait ses coéquipiers à être meilleurs. Surtout, c’est un garçon qui veut le ballon. Avec lui, c’est : « Donne-le moi, donne-le moi ». Il ne se cache jamais. Quand l’équipe allait bien, il était là, et quand l’équipe avait besoin d’un leader, il se montrait. Par exemple, lors de la finale d’un tournoi important, on avait obtenu un pénalty à la dernière minute. Xavi n’a pas hésité un instant. Pourtant, il en avait raté un juste avant mais il voulait prendre ses responsabilités.

L’été dernier, est-ce que ça a été difficile de prendre la décision de titulariser Guillaume Restes, un gardien de 18 ans seulement ?
Non. Quand je vois Guillaume, ce n’est pas un garçon de 18 ans que je vois. Même s’il s’entraînait avec l’équipe première depuis un moment, l’été dernier, c’est un peu comme si c’était une recrue pour nous. Il fallait ensuite voir comment il allait réagir, au fait de jouer toutes les semaines, à tout ça. Mais quand je suis arrivé au club l’année dernière et que je l’ai vu à l’entraînement, j’ai halluciné tellement il était bon. Je pense qu’il est très important de faire jouer un joueur lorsqu’il est prêt. Sinon, on risque de gâcher son talent. Si Messi n’avait pas intégré l’équipe première du Barça à 16 ans, le club l’aurait certainement perdu. Le plus important, c’est que Guillaume soit prêt. Et pour ça, il faut qu’il s’entraîne bien, qu’il soit concentré, qu’il écoute, qu’il soit compétitif, qu’il n’ait pas peur, que ça ne soit pas un problème de jouer dans un grand ou un petit stade… C’est sur tout ça qu’il faut travailler pour être prêt à jouer. Après, évidemment, il a un talent énorme. Et quand un garçon a cet ADN de la compétition, il est inutile d’attendre pour attendre. Pourquoi faudrait-il attendre que Guillaume ait 20 ans ? S’il est titulaire, c’est parce que tout le monde a dit que ce garçon était prêt à jouer.

Xavi Simons, son parcours chez les jeunes du Barça... L'interview complète de Carles Martínez Novell est à retrouver dans la vidéo !