Benoît Bastien
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Arbitres : Pas le même maillot mais le même confinement

Publié le 26/03/2020 à 14h10 - AFP

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Comment les arbitres s’entretiennent-ils et préparent-ils la reprise pendant cette période de confinement ? Réponse avec l’arbitre international Benoît Bastien et le patron de la DTA, Pascal Garibian.

Athlètes de haut niveau comme les footballeurs qu'ils dirigent, les arbitres aussi doivent faire preuve d'imagination pour s'entretenir pendant le confinement dû à la pandémie de coronavirus. Mais les hommes en noir savent faire : ils sont familiers de l'entraînement solitaire. « On a un petit avantage, nous travaillons déjà à distance au quotidien avec les arbitres », glisse le patron de leur Direction technique (DTA), Pascal Garibian.

 

« Très important de ne pas couper la machine »

 

« Nous sommes habitués à nous entraîner chez nous », complète Benoît Bastien, un des deux sifflets français sur liste Élite de l'UEFA, avec Clément Turpin. Lui n'a plus officié depuis un Salzbourg-Francfort (2-2) de Ligue Europa, le 28 février. « Le terrain me manque, évidemment, d'autant plus lorsqu'on est confiné chez soi », explique-t-il. Mais « pas de quoi se lamenter dans le contexte actuel », ajoute M. Bastien (36 ans).

 

Comme les footeux confinés, les arbitres doivent repenser leur entraînement athlétique, mais leurs « coéquipiers » leur manquent moins. En dehors de 12 à 13 stages par an à Clairefontaine, ils sont habitués à suivre à domicile les prescriptions du préparateur physique de la DTA, Jean-Michel Prat. Depuis plusieurs saisons, leurs programmes sont supervisés à distance grâce à leurs montres connectées. Inévitablement, le travail est moins intense, mais « il est très important de ne pas couper la machine », souligne M. Bastien. « Je laisse le moteur tourner à des intensités intéressantes. »

 

Le vélo sur deux rouleaux

 

Le calendrier reste à établir mais, quand elle reprendra, « la compétition va se jouer à un rythme effréné », souligne M. Garibian. « Les arbitres devront être prêts. » Et pour cela, comme pour les footballeurs, ce qui change le plus, c'est la taille du terrain d'entraînement. Dans le cas de Benoît Bastien, l'espace de son jardin « correspond à une surface de réparation. Ce n'est pas énorme, mais avec un peu d'imagination on peut trouver de quoi maintenir un entraînement physique de qualité ». Pour « casser la routine », M. Bastien a choisi par exemple de sortir plus souvent la corde à sauter et de mettre son beau « vélo de course sur deux rouleaux, ça me permet de faire des sorties longues. Mais c'est moins sympa que sur les routes autour de chez moi en Lorraine », plaisante-t-il.

 

Si la préparation mentale reste la même, le confinement modifie aussi une autre partie de l'entraînement des arbitres, ce que Pascal Garibian appelle « la veille technique » : avaler des heures de vidéo pour sentir comment jouent les équipes qu'ils vont diriger. Là aussi, les sifflets sont organisés, ils disposent d'une immense banque de matchs sur la plateforme Wyscout. M. Bastien change juste son mode de révision. Au lieu de regarder les « quatre, cinq derniers matchs des équipes » qu'il va arbitrer, il dévore des matches de toute la Ligue 1 Conforama.


A la reprise, il se « prépare à arbitrer tous les trois jours or, le temps que je débriefe mon match, j'aurai à peine le temps de préparer le suivant ».
Alors il « anticipe. Si, sur les 15 premiers jours, je dois arbitrer quatre matchs, j'aurai déjà bossé sur ces huit équipes », prévoit-il. Le travail sur l'arbitrage vidéo se poursuit aussi. La DTA a envoyé à ses arbitres une vingtaine de situations de hors jeu à étudier. Au final, le moral est bon chez les arbitres. « Ils m'ont tous répondu, tout va bien », assure Eric Borghini, le président de leur Commission fédérale (CFA).