Interview

Gédéon Kalulu : « Sans pitié dans nos débriefings entre frères »

Gédéon Kalulu : « Sans pitié dans nos débriefings entre frères »

Interview
Publié le 31/08 à 15H54 - Arnaud Di Stasio

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Nouveau joueur du FC Lorient, Gédéon Kalulu évoque sa relation avec ses frères Aldo et Pierre sans concession. Sans oublier la méthode Régis Le Bris, ses années ACA ou la RDC. Entretien.

Pourquoi as-tu choisi de signer au FC Lorient ?
Comme j’étais en fin de contrat, j’ai reçu pas mal de propositions mais j’ai choisi le FC Lorient. C’est un club qui me suit depuis longtemps, depuis l’époque du centre de formation et de mon prêt en National, à Bourg-en-Bresse. Il y a trois ans, lorsque j’ai signé à l’AC Ajaccio, Lorient m’avait déjà approché. Et le club a continué à me suivre avec l’ACA. C’est flatteur de savoir qu’ils avaient cette volonté de longue date. Ensuite, je n’ai eu que de bons échos sur Lorient, notamment par Mathieu Coutadeur, dont j’étais très proche à Ajaccio. J’ai aussi parlé avec Yoane Wissa, mon coéquipier en sélection de RDC. Même chose pour Yann Kitala. Je n’ai entendu que des éloges tout au long de ces dernières années. J’ai senti la volonté du FC Lorient de me faire progresser, de me faire évoluer, de croire en moi tout simplement. Cette confiance est très importante pour un joueur. Le style de jeu et la culture de jeu du club ont aussi compté.

Tu as joué trois ans à l’AC Ajaccio. Ce n’est pas trop dur de quitter un club au moment où il monte dans l’élite ?
Ça peut paraître surprenant pour certains mais il n’y a jamais de bon moment pour quitter un club. Dans la situation inverse, si le club descend, on peut aussi te reprocher d’abandonner le navire. J’ai pu quitter l’ACA dans de bonnes conditions. En trois saisons, j’ai eu la chance de jouer la montée deux fois. Le public et les gens au club savent que j’ai tout donné pour l’ACA. J’arrivais à un moment où j’avais besoin de changement, de nouveaux défis, d’un nouvel environnement… D’où mon choix.

Tu as joué à tous les postes de la défense ces dernières années. Y a-t-il une volonté de te stabiliser quelque part ?
Le club a été très clair avec moi sur ce point : on m’a fait venir pour jouer à droite. Ma polyvalence était connue, ça a plu au club, mais ici, ce sera à droite et ça me va très bien. J’ai pu dépanner à d’autres postes par le passé et je le referai avec grand plaisir mais, dans la mesure du possible, c’est mieux de se fixer une mission, de pouvoir travailler au quotidien dans la même position pour progresser au maximum.

Tu as le sentiment que tu te dispersais parfois ?
Je me suis posé cette question. A être partout, on peut se retrouver nulle part. C’est mieux de pouvoir identifier clairement sa mission et de faire le job à un poste précis. Tous les postes demandent des choses différentes. Quand tu joues latéral gauche, les appuis changent… Dans l’axe, il y a une exigence différente avec et sans ballon… C’est bien que le FC Lorient ait été très clair sur cette question.

« Régis Le Bris a des exigences différentes »

Peux-tu nous parler de la méthode Régis Le Bris ?
Il a une culture totalement différente de ce que j’ai connu ces dernières années. Ça reste quelqu’un qui aime jouer au ballon. Je ne suis pas dépaysé par rapport à ma formation à l’OL où il y avait beaucoup de ballon, beaucoup d’intensité, beaucoup d’exigence dans le jeu. Je sens que j’apprends et que je progresse tous les jours. J’essaie de m’adapter aux demandes du coach. Pour le moment, ça se passe très bien. J’ai de bonnes sensations physiques pour commencer et l’environnement est très bon, que ce soit avec les autres joueurs, le coach ou le staff. C’est plus facile de travailler dans ces conditions. Pour maintenant parler tactique, le coach a des exigences différentes pour ses latéraux par rapport à ce qu’on peut voir ces dernières années dans le football de Guardiola, du Bayern Munich ou même à plus bas niveau. Il nous demande d’être un peu plus à l’intérieur du jeu quand on a le ballon, ce qui est plutôt nouveau, mais ça ne me dérange pas. On essaie de s’y faire au plus vite et, de ce qu’on a pu voir déjà, ça présage de bonnes choses.

Dans le staff de Régis Le Bris, il y a un profil particulier avec Ingo Goetze, un entraîneur adjoint allemand spécialisé dans la psychologie…
Ingo a été très important dans notre préparation. Au-delà du travail physique, il était présent dans des petits exercices au quotidien, des petits jeux qui réunissaient tout le groupe. Dans un effectif, il y a toujours des affinités entre certains, sans pour autant qu’il y ait de tensions entre les autres. Ingo est là pour rapprocher tout le monde, pour rapprocher également le staff des joueurs. Il insiste sur le fait qu’on est tous dans le même bateau. Cet été, il a initié beaucoup de petits jeux, parfois psychologiques, parfois plus dans la compétition, pendant les entraînements, les repas ou même avant de se coucher. On ne se prend pas la tête et ça permet de faire redescendre le rythme entre deux exercices à l’entraînement par exemple. Il installe ses méthodes de travail. Ça peut paraître rébarbatif au début mais on se rend vite compte qu’il y a davantage de moments agréables et que ça nous a appris à nous découvrir.

Tu peux nous détailler un de ces exercices ?
En stage, il nous a tous réunis dans une salle un soir, à l’exception du coach. L’effectif était divisé en trois groupes de 7-8 et on devait écrire sur une feuille des questions que l’on souhaitait poser au coach, sans qu’il sache de qui ça venait. Le coach nous a rejoints et s’est assis face au groupe avant de commencer à répondre. Il y avait des questions sur sa vie privée, sa méthodologie, sa façon de penser, son exigence, ses idoles dans le football… Plein de questions. C’était bien car on ne partage pas ce type de moments avec son coach normalement. On est amené à parler terrain et tactique, des attentes, mais là, on a pu découvrir l’homme derrière le coach. L’exercice devait durer 20 minutes mais on est finalement monté à 45 minutes tellement on s’est pris au jeu.

Tu comptes 2 sélections avec la République démocratique du Congo, la dernière il y a un peu plus d’un an. Tu es encore en contact avec la fédération ?
Bien sûr, on est en contact régulièrement. Ma dernière sélection commence à remonter mais il faut savoir que j’aurais dû venir en sélection plusieurs fois depuis un an mais il y a eu des problèmes administratifs malheureusement. Je devais être là lors des qualifications pour le Mondial ou lors de la CAN. J’étais en contact avec le staff d’Héctor Cúper (remplacé récemment par Sébastien Desabre). Je suis disponible et j’ai hâte de rejouer pour la RDC. Il n’y a aucune tension et je pense qu’il y a cette envie des deux côtés.

« Entre frères, on est au courant de tout »

Parlons maintenant de la fratrie Kalulu. Deux de tes frères sont professionnels puisque Pierre joue à l’AC Milan et Aldo à Sochaux. Ce n’est pas commun…
C’est sûr ! Je ne sais pas s’il y a beaucoup de familles avec trois frères professionnels. Tout le monde connaît la fratrie Pogba. A Lyon, il y a aussi la fratrie Bahlouli avec Farès, Mohamed et la petite sœur Nesrine. Mais c’est sûr que c’est rare !

Entre les Play-offs pour Sochaux, la montée pour Ajaccio et le titre de champion d’Italie pour le Milan, la saison dernière a été sacrément réussie pour les frères Kalulu. Ça va être dur de faire mieux cette saison !
Chacun à des objectifs différents, à son échelle. Aldo va vouloir bien figurer en Ligue 2, une fois de plus. Même chose pour moi en Ligue 1. Et Pierre va devoir défendre son titre de champion d’Italie cette saison. Le plus important, c’est que tous les frères soient épanouis. On l’oublie parfois mais le foot reste une passion. La saison dernière, on était très fiers les uns des autres. Ce qui compte, c’est qu’on continue à parler en bien du nom Kalulu. On ne peut pas toujours contrôler les résultats donc il faut que chacun réussisse à briller à son échelle.

A l’époque de ta signature à l’AC Ajaccio, tu avais dit qu’Aldo t’avait conseillé cette destination. Que t’avait-il dit précisément ?
J’étais à un moment où j’avais besoin de passer un cap. L’AC Ajaccio m’a tendu la main quand d’autres clubs m’ont tourné le dos. Je n’ai pas de rancune car c’est le football. L’ACA n’était pas le club dans lequel il était d’abord prévu que je signe mais j’y suis allé car j’avais envie de réussir là-bas. Il y avait certaines réticences dans mon entourage par rapport à l’image qu’ils avaient de la Corse, aux craintes sur mon adaptation là-bas, notamment car le club jouait le maintien les saisons précédentes. Mais je suis quelqu’un de très croyant, je crois en mon destin, et si ma carrière devait se poursuivre à Ajaccio, il y avait une raison. Bilan : je me retrouve à jouer la montée deux saisons sur trois et les clubs qui m’avaient tourné le dos se sont retrouvés derrière l’ACA au classement. C’était une petite revanche et une preuve qu’il n’y a pas de hasard dans la vie. Si le destin t’amène là où on ne t’attend pas, c’est parce qu’il y a quelque chose à faire là-bas.

Et Aldo dans tout ça ?
Il était au courant de tout. Il m’avait conseillé d’aller à l’ACA car il connaît ma grinta, mon envie de performer sur le terrain, de gagner les duels… Plein de choses qui collaient avec la mentalité d’Ajaccio et qui pouvaient me permettre de briller. Je serai éternellement reconnaissant à l’ACA de m’avoir mis en valeur ainsi, d’avoir pris le risque de me faire venir et de m’avoir donné autant de confiance. J’ai noué une relation très forte avec le staff et les joueurs. Ça s’est vu lorsqu’on a joué contre eux en amical fin juillet et ça se verra encore dans quelques jours.

Dès qu’un frère Kalulu change de club, il consulte les autres ?
Toujours. On est au courant de tout. En général, on se dit : « écoute ton cœur » car celui qui va dans un nouveau club, c’est toi, pas tes frères. Celui qui va se faire critiquer, c’est toi, pas tes frères. Celui qui va être bon ou mauvais sur le terrain, c’est toi, pas tes frères. Il faut que chacun suive son intuition et, comme on est croyants, il faut prier. C’est toujours bon d’écouter ses frères pour avoir une opinion différente et, ensuite, tu avises. On se donne des conseils mais on ne s’impose rien, du petit frère au grand frère. On est très proches avec Aldo, Pierre et notre plus jeune frère Joseph, qui est dans le monde amateur pour le moment. Avec notre petite sœur aussi. On se pousse mutuellement. Pour les transferts, l’ambiance au club pendant la saison, toute la famille est au courant. On discute constamment. C’est ce qui fait notre force.

« Mon match contre Aldo ? Une partie d’échecs »

En quoi est-ce que ça a été un avantage dans ta carrière d’avoir un grand frère professionnel ?
Mon grand frère Aldo a pu faire des erreurs que je ne ferai pas ou connaître certaines épreuves auxquelles je serai déjà préparé. Un joueur lambda va parfois penser qu’il fait le meilleur choix mais il va foncer dans le mur. Moi, j’ai été préparé à beaucoup de situations. Je savais déjà quand il y avait des risques que je me cogne et que ça fasse mal. Parfois, ça fait mal quand même mais j’y étais préparé. Je n’étais pas pris par surprise. Je ne souffrais pas sans savoir quoi faire car j’avais été prévenu. Ça m’a beaucoup aidé et je serai éternellement reconnaissant à Aldo pour ça. Il nous a ouverts la voie, en faisant des erreurs notamment. Il est toujours là à nous encourager. Cette force qu’il m’a donnée, je la transmets à mon petit frère Pierre. Et lui la donne à notre autre petit frère. C’est comme ça que la famille Kalulu avance, avec sagesse, précaution et prévention les uns envers les autres.

Tu as un exemple de conseil à nous donner ?
Il peut s’agir de situations dans le jeu. La saison dernière, j’ai joué contre mon frère Aldo lorsqu’on s’est déplacés à Sochaux avec Ajaccio. Aldo regardait tous mes matchs avec l’ACA, même lorsqu’il était à Bâle ou Swansea, il connaît mon jeu par cœur. Même chose pour moi : je le connais par cœur. Ce match devenait une partie d’échecs entre lui et moi. Aldo me disait parfois : « Attention, tu es trop joueur avec le ballon. Un jour, tu vas te faire piéger ». Je savais qu’en jouant contre lui, il allait me tendre ces pièges-là. Mais jouer contre son grand frère en professionnel, c’est superbe. Surtout que sur ce match, j’étais défenseur central et lui numéro 9, sûrement du jamais-vu ! On a vraiment savouré.

Les conseils se donnent donc en cascade, du frère aîné au deuxième et ainsi de suite ?
Ça fonctionne beaucoup comme ça mais ça n’empêche pas un petit frère de donner un conseil à son aîné. On est tous très ouverts à la remarque. Ce n’est pas parce que tu es le plus grand que tu as forcément raison ! Si un de mes petits frères me donne un conseil, je vais écouter. Ça ne veut pas dire que je vais suivre son avis mais je vais le prendre en compte. On s’écoute, on se conseille, on se respecte car il y a une autorité naturelle. Pour le moment, on tient la bonne recette pour réussir. Tout ça nous a été inculqués par nos parents, ce n’est pas tombé du ciel. On ne fait qu’appliquer ce que nos parents nous ont transmis.

Plus tôt, tu parlais des conseils dans le jeu. Y a-t-il aussi des conseils sur les à-côtés, la gestion de la notoriété ou les affaires par exemple ?
Bien sûr. On est aussi très solidaires sur le plan des affaires. A l’intérieur du cercle familial, on essaie d’avancer sur divers projets en dehors du football. Je n’ai pas envie de tout dévoiler mais on a des projets familiaux. On n’est pas fermés mais, sur certaines choses, on ne souhaite pas se mélanger. On ne se prend pas pour d’autres. Dans la vie, quand tu as la chance de faire des affaires en famille, il faut en profiter. Cette chance-là n’est pas donnée à tout le monde. On n’est pas soudés ou solidaires que dans le football.

« Je regarde tous les matchs de mes frères »

Tu évoquais les débriefings que pouvait te faire Aldo. Tu arrives à fonctionner de la sorte avec tes frères malgré vos plannings respectifs chargés ?
Je regarde tous leurs matchs. On a même un groupe WhatsApp avec mes trois frères et ma petite sœur, où l’on discute tout le temps et on parle des matchs du Milan, de Sochaux, d’Ajaccio à l’époque, de Lorient désormais… Sauf quand on joue aux mêmes horaires, je regarde tous les matchs de mes frères. Si on a prévu une sortie mais qu’il y a un match en même temps, on décale la sortie ! On est très crus dans nos débriefings, c’est sans pitié ! Il faut fonctionner comme ça pour avancer, il faut se dire les choses positives comme négatives. Quand c’est moi qui joue, je vais lire tous les messages et écouter tous les vocaux de notre discussion. Dans son canapé, on ne voit pas les choses de la même façon, on a davantage de recul. Après le match, on va revoir certaines images et en discuter. C’est notre fonctionnement fraternel. Entre nous, il n’y a pas d’entourloupe, pas de vice. On est là pour s’encourager, on n’a rien à gagner. C’est pour le bien de l’autre qu’on lui fait la remarque.

Vu vos carrières respectives, réussis-tu à assister à certains matchs de tes frères ?
La saison dernière, je n’ai vu jouer Aldo en vrai que lorsque j’ai joué contre lui ! Comme j’étais en Corse, ce n’était pas simple pour rentrer sur le continent. C’était également compliqué d’aller à Milan par rapport aux jours de repos que j’avais à Ajaccio. La seule fois où on s’est vus tous les trois, c’était cet été. On a réussi à se croiser à Lyon quelques jours chez les parents pendant les vacances. Maintenant que je suis revenu sur le continent, ce sera un peu plus simple de se voir mais, pendant la saison, c’est souvent compliqué. J’essaierai d’aller au stade voir Aldo jouer avec Sochaux, peut-être lorsqu’il se déplacera à Guingamp, comme c’est à côté. C’est plus simple de faire le trajet Lorient-Sochaux qu’Ajaccio-Sochaux mais ce n’est pas le plus pratique non plus !

Tu étais présent le jour de la signature de Pierre au Milan… Tu peux nous raconter ?
Pierre m’avait demandé de venir et c’était logique pour moi de l’accompagner car je n’avais pas encore repris avec Ajaccio à ce moment-là et j’avais la possibilité d’aller à Milan. Je voulais l’accompagner jusqu’au bout parce que, le conseiller, c’est une chose, mais l’accompagner dans ce nouveau monde, lui permettre d’être entouré de ses parents et de son frère, c’est encore autre chose.

On a parlé des nombreux avantages d’être plusieurs frères professionnels. A l’inverse, pour les plus jeunes de la fratrie, est-ce que ça peut mettre une pression supplémentaire ?
Il faudrait poser la question à mon petit frère Joseph, qui est encore chez les amateurs. Mais moi, personnellement, je n’ai jamais ressenti de pression par rapport à Aldo qui est passé professionnel le premier. Je n’avais pas de pression, seulement de l’envie. Je ne me posais pas de questions, j’y croyais. Je savais que je travaillais pour moi et j’étais convaincu que j’allais y arriver. Je ne me suis jamais dit que, parce que mon frère était professionnel, je devais y arriver. C’est le genre de questions qui font mal à la tête et qui te font déjouer.

« Tu peux tout donner pour ton frère »

La saison dernière, tu as donc affronté Aldo lors d’un Ajaccio-Sochaux de septembre 2021 mais, lors du match retour, tu étais sur le banc. C’est le seul match que vous avez disputé l’un contre l’autre ?
En professionnel, c’est le seul. Il y avait eu un match chez les jeunes aussi, la saison que j’ai passée à Saint-Priest, au milieu de mon parcours à l’OL. C’était en U17 je crois. Aldo jouait avec Armand Garrido, avec la génération 1996, et nous, à Saint-Priest, on avait réussi une très belle saison. Contre l’OL, on avait fait un super match mais ils avaient gagné à la dernière minute. Mais c’est tout, ça n’est jamais arrivé à part ces deux matchs.

Et vous avez joué tous les deux avec la réserve de l’Olympique Lyonnais, c’est ça ?
Oui, une saison ou deux. Et on était aussi ensemble à l’entraînement en pro pendant une bonne année. Aldo faisait partie de l’équipe première et, quand Bruno Génésio était le coach, j’avais la chance de m’entraîner souvent avec le groupe pro. Il y a même des photos où on est au duel l’un contre à l’autre à l’entraînement.

Sur le terrain, la connexion est-elle forcément meilleure avec son frère ?
Oui, je pense qu’il y a une meilleure connexion. Entre frères, c’est différent. Tu peux tout donner pour ton frère. Sur le terrain, tu dois être prêt à mourir pour ton équipe alors si tu joues pour ton frère… S’il prend un mauvais coup, tu peux directement être là pour lui. C’est une relation différente. Tu as ce surplus parce que c’est ton frère. Pour l’avoir vécu, quand ton frère loupe quelque chose sur le terrain, tu fais tout pour rattraper son erreur.

A l’OL, tu as joué avec d’autres joueurs qui avaient un frère professionnel comme Lionel Zouma, Yassin Fekir et Bertrand Traoré. Vous évoquiez cette particularité ?
Ça m’est arrivé d’en parler avec Yassin Fekir car on était de la même génération et qu’on s’entendait bien tous les deux, avec Nabil aussi d’ailleurs. Dans la famille Fekir, ils sont un peu comme nous, avec cette volonté de briller entre frères si c’est possible. C’est une chance de pouvoir être entre frères dans ce monde compliqué qu’est le football, avec beaucoup d’épreuves. Si tu as la chance de briller avec ton frère, tu éprouves une fierté incroyable.